Dépenses fiscales 2026 : 38 milliards DH d'exonérations au Maroc

Calculatrice sur une table en bois illustrant les dépenses fiscales 2026 au Maroc

Photo : FIN / Unsplash

Les dépenses fiscales du Maroc atteignent 38 milliards de dirhams en 2026, selon le rapport annexé au projet de loi de finances 2027. Ce montant correspond aux impôts que l'État renonce à percevoir à travers les exonérations, réductions de taux et autres régimes dérogatoires. Voici les chiffres clés et ce qu'ils signifient pour les entreprises et leurs comptables.

Dépenses fiscales 2026 : 38 milliards DH, en hausse de 13,7 %

Le rapport sur les dépenses fiscales, publié avec les documents du PLF 2027 et ses principales mesures fiscales, évalue le coût total des avantages fiscaux à 38 015 MDH en 2026, contre 33 426 MDH en 2025. La hausse représente environ 4,6 milliards de dirhams sur un an, soit +13,7 %.

Le nombre de mesures dérogatoires recensées progresse lui aussi, de 274 à 283 mesures. Le rapport rappelle pourtant que 208 mesures ont été supprimées depuis 2006 : la rationalisation des niches fiscales se poursuit, mais de nouveaux dispositifs viennent régulièrement remplacer les anciens.

Pour donner un ordre de grandeur, ce manque à gagner dépasse largement l'enveloppe de la compensation prévue dans le PLF 2027 (19,4 milliards de dirhams, selon EcoActu).

Exonérations et réductions : plus de 92 % du total

Par type d'avantage, la répartition est très concentrée :

  • Exonérations totales : 26 746 MDH, soit 70,4 % du total (24 291 MDH en 2025) ;
  • Réductions (taux réduits, abattements…) : 8 410 MDH, soit 22,1 % (6 379 MDH en 2025).

Par impôt, la TVA reste de loin le premier poste : 17 848 MDH, soit environ 47 % des dépenses fiscales. Les exonérations et taux réduits de TVA (produits de base, carburants, certains secteurs) sont donc le principal outil utilisé par l'État. Ce constat rejoint celui des recettes fiscales à fin septembre 2026, où la TVA reste un pilier des recettes de l'État.

Qui en profite ? Ménages 48,8 %, entreprises 46,1 %

Selon le rapport, les ménages captent 18 534 MDH (48,8 %) et les entreprises 17 530 MDH (46,1 %), contre 14 373 MDH un an plus tôt pour ces dernières. À eux deux, ils concentrent près de 95 % des avantages.

Quelques évolutions par catégorie :

  • salariés : 4 941 MDH (contre 4 568 MDH en 2025) ;
  • agriculteurs : 2 128 MDH (contre 1 794 MDH) – voir notre guide sur la fiscalité des exploitations agricoles (IS, IR, TVA) ;
  • secteur de la pêche : 961 MDH (contre 1 043 MDH) ;
  • promoteurs immobiliers : 693 MDH (contre 844 MDH).

Les droits de douane expliquent l'essentiel de la hausse

La progression de 2026 vient surtout des avantages en matière de droits de douane (+2 859 MDH). Suivent la TVA (+787 MDH), l'impôt sur le revenu (+692 MDH) et la taxe sur les contrats d'assurance (+387 MDH). À l'inverse, les dépenses fiscales liées à l'impôt sur les sociétés reculent légèrement (−63 MDH), de même que celles des taxes intérieures de consommation (−73 MDH) et des droits d'enregistrement (−17 MDH).

Comme le souligne la presse, le rapport mesure précisément le coût de ces avantages, mais beaucoup moins leur efficacité réelle sur l'investissement, l'emploi ou le pouvoir d'achat. Ce débat devrait accompagner l'examen du PLF 2027 au Parlement.

Ce qu'il faut faire

  • Vérifier les conditions de chaque exonération ou taux réduit appliqué par vos clients (durée, plafond, secteur, obligations déclaratives) : un avantage mal justifié est un risque de redressement en cas de contrôle.
  • Conserver les justificatifs (attestations, conventions, certificats d'exonération) dans le dossier fiscal, pendant au moins le délai de prescription.
  • Suivre le vote du PLF 2027 : la loi de finances peut supprimer, plafonner ou créer des régimes dérogatoires. Pensez aussi aux règles de la cotisation minimale et de son exonération pour les nouvelles sociétés.
  • Se référer au texte en vigueur du Code général des impôts 2026 pour chaque avantage invoqué.

Questions fréquentes

C'est quoi une dépense fiscale au Maroc ?

C'est une recette fiscale à laquelle l'État renonce en accordant une exonération, une réduction de taux, un abattement ou un régime dérogatoire à certains contribuables ou secteurs. Ce n'est pas une dépense budgétaire directe mais un manque à gagner estimé.

Combien coûtent les exonérations fiscales au Maroc en 2026 ?

Le rapport annexé au PLF 2027 les évalue à 38 015 MDH en 2026, dont 26 746 MDH d'exonérations totales et 8 410 MDH de réductions.

Quel impôt concentre le plus d'avantages fiscaux ?

La TVA, avec 17 848 MDH, soit environ 47 % du total des dépenses fiscales.

À lire aussi : PLF 2027 : les principales mesures fiscales (IS, IR, TVA)

Sources :