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Les recettes fiscales à fin août 2026 atteignent 247,5 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 10,3 % sur un an, selon la Situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) publiée par le ministère de l'Économie et des Finances. Le moteur principal est l'impôt sur les sociétés, qui progresse de près d'un quart, porté par les acomptes provisionnels. Voici les chiffres clés et ce qu'ils signifient pour les entreprises et leurs comptables.
Les chiffres clés des recettes fiscales à fin août 2026
Sur les huit premiers mois de l'année, les recettes ordinaires de l'État s'élèvent à 280,4 MMDH, contre 254,9 MMDH un an plus tôt (+10 %). Les recettes fiscales en représentent l'essentiel avec 247,5 MMDH, soit un taux de réalisation de 67,5 % des prévisions de la loi de finances 2026.
- Impôt sur les sociétés (IS) : 71,5 MMDH, +14,1 MMDH (+24,6 %), taux de réalisation de 75,7 %.
- Impôt sur le revenu (IR) : 47,9 MMDH, +1 MMDH (+2,1 %), taux de réalisation de 74,2 %.
- TVA : +4,1 MMDH (+6,3 %) au total, dont TVA à l'importation à 43,9 MMDH (+7 %) et TVA intérieure à 24,9 MMDH (+5,2 %).
- Droits d'enregistrement et de timbre : 17,3 MMDH, +1,9 MMDH (+12,6 %).
- Droits de douane : 11,8 MMDH (+8,4 %).
Du côté du solde, le déficit budgétaire s'établit à 58,6 MMDH, contre 59,5 MMDH à fin août 2025, malgré une hausse des dépenses ordinaires à 268,2 MMDH (+10,8 %) et des dépenses d'investissement à 75,7 MMDH (+11,4 %).
L'IS tiré par les acomptes provisionnels
Le document du ministère explique la forte progression de l'IS par la hausse des versements spontanés des entreprises (+13,9 MMDH, soit +22,9 %), et notamment par les deux premiers acomptes de l'exercice, en hausse de 8,6 MMDH (+30,8 %). Autrement dit, ce sont surtout les paiements effectués par les sociétés au fil de l'année, calculés sur la base de l'impôt de l'exercice précédent, qui gonflent les caisses.
Ce signal est important pour les comptables : des acomptes plus élevés reflètent un IS de référence plus élevé (exercice 2025), ce qui suppose des résultats fiscaux en hausse pour une partie des entreprises, dans un contexte où la réforme engagée par la loi de finances 2023 fait converger progressivement les taux de l'IS.
IR et TVA : une progression plus modérée
L'IR ne progresse que de 2,1 %, nettement moins vite que l'IS. La TVA, de son côté, avance de 6,3 %, davantage grâce aux importations qu'à l'activité intérieure. À noter également : les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux (y compris la part des collectivités territoriales) ont augmenté de près de 3,3 MMDH pour atteindre 19,6 MMDH. C'est une donnée qui intéresse directement les entreprises en situation de crédit de TVA.
Quelles conséquences pour les entreprises et les comptables ?
Ces chiffres ne changent aucune règle fiscale : il s'agit d'une situation d'exécution budgétaire, pas d'une nouvelle mesure. Ils donnent toutefois plusieurs indications utiles :
- Une administration fiscale en position de force : avec un IS déjà réalisé à 75,7 % de l'objectif annuel, l'État aborde la fin d'exercice avec des recettes solides, ce qui pèsera sur les arbitrages du projet de loi de finances 2027, attendu au Parlement d'ici le 20 octobre.
- Des remboursements de TVA en hausse : la progression des restitutions est une bonne nouvelle pour la trésorerie des entreprises exportatrices ou investisseuses ; il reste utile de suivre de près les demandes déposées.
- Le poids des acomptes sur la trésorerie : quand les acomptes de l'année sont calculés sur un IS de référence élevé alors que l'activité 2026 ralentit, l'entreprise peut se retrouver à avancer trop d'impôt.
Ce qu'il faut faire
- Faire dès maintenant une estimation du résultat fiscal 2026 pour vérifier que les acomptes déjà versés ne dépassent pas l'impôt prévisible.
- Si c'est le cas, étudier avec votre conseiller la possibilité de limiter ou d'imputer les acomptes dans le respect des conditions prévues par le Code général des impôts (article 170), afin d'éviter des pénalités.
- Pour les entreprises créditrices de TVA, vérifier l'état d'avancement des demandes de remboursement et la complétude des dossiers.
- Suivre le contenu du PLF 2027 lors de son dépôt officiel : les mesures annoncées restent à confirmer tant que le texte n'est pas adopté.
Sources :
- Ministère de l'Économie et des Finances (DTFE) – Situation des charges et ressources du Trésor, août 2026 (publiée en septembre 2026)
- Echos Plus – Maroc : le déficit budgétaire recule à 58,6 milliards de dirhams à fin août 2026 (23/09/2026)
- H24info – Trésor : le déficit budgétaire s'allège à 58,6 MMDH à fin août 2026 (septembre 2026)
- EcoActu – LF 2027 : l'illusion du vote, le confort de la continuité (25/09/2026)
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