Taux directeur BAM à 2,25 % : quel impact pour les entreprises ?

Taux directeur de Bank Al-Maghrib : main tendue vers des symboles de pourcentage

Photo : Sasun Bughdaryan / Unsplash

Réuni le mardi 22 septembre 2026 pour sa troisième session trimestrielle de l'année, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. C'est la sixième fois consécutive que la banque centrale opte pour le statu quo. Voici ce qu'il faut retenir de cette décision et de ses nouvelles prévisions, et ce qu'elles signifient concrètement pour la trésorerie et le financement des entreprises marocaines.

Taux directeur à 2,25 % : une décision de stabilité

Pour justifier ce maintien, le Conseil de Bank Al-Maghrib met en avant une inflation qui reste modérée à moyen terme et une consolidation attendue de l'activité non agricole, dans un environnement international toujours marqué par les incertitudes géopolitiques. Sur les huit premiers mois de 2026, l'inflation a été en moyenne de 0,3 % seulement.

Le message est donc clair : pas de hausse du coût de l'argent, mais pas de nouvelle baisse non plus pour l'instant. Les conditions de refinancement des banques restent inchangées, ce qui devrait se traduire par une relative stabilité des taux débiteurs proposés aux entreprises dans les prochains mois.

Les nouvelles prévisions de Bank Al-Maghrib pour 2026 et 2027

La banque centrale a actualisé ses projections macroéconomiques :

  • Croissance : 4,4 % en 2026 (contre 4,9 % en 2025), puis 2,9 % en 2027. Le PIB non agricole progresserait de 3,1 % en 2026 et de 4 % en 2027.
  • Agriculture : une valeur ajoutée agricole en hausse de 16 % en 2026 grâce à une récolte céréalière estimée à 93 millions de quintaux, avant un recul de 7,6 % en 2027 sur une hypothèse de 50 millions de quintaux.
  • Inflation : 0,7 % en 2026, puis 1,5 % en 2027.
  • Crédit bancaire : +8,1 % en 2026 et +6,1 % en 2027.
  • Finances publiques et comptes extérieurs : déficit budgétaire de 3,4 % du PIB en 2026 et 3,5 % en 2027 ; déficit du compte courant de 4,6 % du PIB en 2026 (contre 2,4 % en 2025), sous l'effet d'une facture énergétique attendue à 138,1 milliards de dirhams.
  • Emploi : taux de chômage de 9,5 % au niveau national.

Ces chiffres sont des prévisions : ils seront révisés lors des prochaines réunions trimestrielles en fonction de l'évolution de la conjoncture.

Quel impact pour les entreprises et leur financement ?

Pour les chefs d'entreprise, le maintien du taux directeur a plusieurs conséquences pratiques :

  • Coût du crédit stable : les lignes de fonctionnement (facilités de caisse, escompte, crédits de campagne) et les crédits d'investissement ne devraient pas renchérir du fait de la politique monétaire. C'est une bonne visibilité pour préparer le budget 2027.
  • Un crédit bancaire dynamique : une progression prévue de 8,1 % en 2026 indique que les banques continuent de prêter. C'est le moment de renégocier ses conditions si vos taux ont été fixés à une période où le taux directeur était plus élevé.
  • Inflation faible : avec une hausse des prix très contenue, la pression sur les coûts d'achat et sur les revendications salariales reste limitée, ce qui aide à préserver les marges.
  • Vigilance sur les importations : le creusement prévu du déficit courant et le poids de la facture énergétique invitent les entreprises importatrices à surveiller leurs coûts d'approvisionnement et leur exposition au change.

Le rôle du comptable : traduire la décision dans les chiffres

Pour les comptables et directeurs financiers, cette décision se prolonge directement dans le travail de fin d'année et de budgétisation :

  • mettre à jour les prévisions de charges financières (compte 6311 « Intérêts des emprunts et dettes » du CGNC) pour 2027 sur la base de taux stables ;
  • actualiser les plans de trésorerie et les tableaux de financement présentés aux banques ;
  • vérifier les clauses de révision des crédits à taux variable pour anticiper l'évolution des échéances ;
  • intégrer les hypothèses de croissance et d'inflation de Bank Al-Maghrib dans les business plans et les tests de dépréciation.

Ce qu'il faut faire

  1. Faire le point sur l'ensemble des financements bancaires en cours (taux, durée, garanties).
  2. Demander à votre banque une révision des conditions si vos taux paraissent élevés par rapport au taux directeur actuel de 2,25 %.
  3. Préparer le budget 2027 avec des hypothèses prudentes : croissance plus faible annoncée pour 2027 (2,9 %) et inflation remontant à 1,5 %.
  4. Suivre la prochaine réunion trimestrielle de Bank Al-Maghrib, qui pourra réviser ces orientations.

Sources :